Promenade méta-physique

Vous voici dans la campagne… Vous êtes allé vous ressourcer, comme on dit! Comme on dit… mais ce «on» n’est-il pas de la même famille que tous ces «on» qui vous conseillent ceci ou cela, sans vraiment de base solide, sans conscience des paramètres ajustés à chacun?


Se ressourcer? Ce serait, avec la rigueur intellectuelle qui ne peut qu’être la méthode générale face à toute dite «évidence»… ce serait, donc, de traduire ce terme par «retour à la Source». A quelle «source» allez-vous, en sortant vous promener? Source d’air plus pur, souvent, dans tous les sens du terme «air», depuis celui que l’on respire jusqu’à cet «air» qui vous permet de «changer d’air» en quittant votre milieu, son atmosphère, et tous les éléments «étouffants», parfois, de votre «intérieur» (c’est-à-dire de votre extérieur quotidien!); c’est ce que vous m’avez confié en débutant cette promenade; je vous ai accompagné…

Mais avoir conscience que l’on va se «ressourcer» établit, en réalité, une dichotomie en vous, voire une auto-culpabilité, la mise en parallèle entre ce qu’il serait juste de faire, de vivre et ce que vous pratiquez dans votre existence; vous le sentez, le savez, au fond de vous …  Ce qu’il serait «juste» de faire… Donc, très vite, la sous-estime de soi!

Alors que vous commencez à voir cet état de fait, vous revient le phénomène de l’ancienne formulation de la Méthode Coué, celle qui n’avait pas de résultat «curatif» lorsque l’on répétait de manière erronée «je ne suis pas malade»! Oui!  le mental ne captait et retenait que le seul mot «malade» et se persuadait de l’être!

Résumé: se dire «je vais me ressourcer», vous dé-source! Car vous êtes toujours dans la Source, dans l’Unité de vous, cette énergie qui se manifeste comme elle le peut, mais toujours, suivant vos besoins du moment! Toutes les traditions et les religions vous l’ont dit (Su Ham! Aham! Le Seigneur est en vous, Dieu avec nous! OM Tat sat…etc.); et même le bon sens!

Ah! Mais certains croient au libre-arbitre! Il faudra vraiment que vous en parliez à ce groupe sur le net qui vous a contacté la semaine dernière! Un bon sujet…

C’est d’ailleurs à ce moment que vous notez, dans le champ d’en face, que les fleurs poussent plus facilement au pied des arbres qu’autour… Vous prenez une photo, tellement cela vous «parle»! Et Brassens chante en votre mémoire «J’aurais jamais du m’éloigner de mon arbre»… Oui! Vous le réalisez brusquement: le fameux «pour vivre heureux, vivons caché» ne signifie pas autre chose que: restons dans la conscience d’être: d’être ce que nous sommes, à chaque instant, sans subir les «comme on dit, il faut…»: les deux Totems (végétal et animal) des gens «normaux» que notaient le conférencier sur la Langue des Oiseaux: le Yacka et le Faucon… Dans la conscience d’être celui qui entend ces injonctions et les passe au crible de ses douze intelligences; pour en voir les paramètres…

Une répétion mantrique se rappelle à votre mental  bien rodé pour cela: «Sur les chemins de la Vouivre, rien d’autre à faire que de suivre…»

Comme ces fleurs qui poussent bien malgré elles, par la force des choses… qui égale l’énergie de la Nature… Car qu’y pouvez-vous si vous vous tordez la cheville sur ce chemin chaotique? Même en ayant fait attention? Ah! Tous ces conseils angéliques qui vous parlent de «libre arbitre» et vous disent de «ne plus avoir peur», d’avoir la foi, etc. Assez! Vous réalisez que vous êtes en train de rabâcher une obsession! Ne suffit-il pas que vous ayez compris, vous?

Mais tenez! Vous venez de voir cette clôture de grillage devant vous, bien harnachée de chaînes; derrière est un beau pré bien vert…  Photo!

Parmi tous les mots d’ordre que vous recevez chaque jour pour votre «mieux être» sur tous les magazines, même gratuits, combien ne font que vous enchaîner, vous barrer le passage vers le «naturel» de vous… Mais allez savoir s’ils sont à fuir, si ce sont des éléments pour vous dynamiser, vous faire rompre les barrières de vos limites? Vous vous souvenez, en parallèle, des contes de fées ou de la chevalerie: le Dragon qui dés l’entrée de sa grotte vous menace, vous menace-t-il du feu de son souffle pour vous éprouver? Ou pour vous dissuader de venir là où vous n’avez rien à faire? Ou pour que vous le «compreniez» et en faisiez votre ami! Tout le monde devrait connaître la délicieuse chanson du Quatuor de la Tour des Miracles sur ce thème! Un article l’a mentionnée sur Planète Gaïa! Plus édifiante que les chansons encensées pour vous abrutir chaque jour! A (privatif de) l’Axe direct: A-brut-I!

Donc, il vous faut, pour ne pas avoir de problème de choix, tenter l’aventure; quelle qu’elle soit… et assumer les conséquences de celui-ci. C’est cela, en vérité, cette fameuse tarte à la crème actuelle: la liberté d’expression! Elle est totale, en réalité! Le seul hic est l’obligation naturelle d’en accepter les conséquences  (voire les conséquences de ne pas les avoir acceptées!  No exit!). Vous vous souvenez alors d’un phrase du Bréviaire du Chevalier, un de vos livres de chevet: «Il faut être très fort pour être naturel; il ne faut pas avoir peur des conséquences de ses paroles et de  ses actes»… Etre fort?

Fort? Oui! La Hiéroglyphie vous a déjà annoncé: ces sont les 4 éléments en soi… Redécouverts… Dodécalogie (E.-Y-Monin)… 12 Forces cosmiques… 12 «Intelligences spirituelles»… Empédocle… Le Zodiaque… Etc. En soi… Pas rassemblés, contrairement à tous ces conseillers qui veulent faire «accumuler» plus et plus de connaissances pour le mieux être de l’individu! Non! Surcharges pondérales dans le mental… Non! Ici, les Eléments re-vus… Vérifiés comme étant le seul solide de soi… Depuis le Haut intellect (R. Guénon), le Principe des Principes (Karuna Platon), le Plérôme des 12 imams, l’anima mundi (Platon), l’Esprit saint  (Christianisme), le «Don de Dieu» (St Augustin)…

Tiens, je vous vois prendre encore une photo… Là, devant vous, cet amoncellement de pierres. Geste inconscient de celui qui éleva ce stupa du pauvre là, en pleine campagne? Geste pulsé par la conscience, en lui, de rassembler tous les éléments épars dans une Unité solide? Retour ainsi à ce qui est vraiment: sa Solidité de base au milieu du chaos et des embarras de choix?

Pour vous, ce tas de pierres est symbole; symbolus, le conseiller, traduisait la Sybille d’après… qui?  Oui! Saint Augustin! Tout est image de miroir, réfléchissant votre intérieur… vous exposant les «mystères cachés» Mais, c’est Macrobe qui le notait, il faut pour les décrypter, ces symboles, ces images, ces objets, fonctionner à partir de sa Sagesse innée… Pas à partir des associations plus ou moins névrotiques que les souvenirs déversent de manière analogique… Ces pensées de la «demeure terrestre qui alourdissent l’intelligence»… Socrate dixit?

Le contraire de ce que proposent maintes philosophies qui ne font que parler des feuillages et déraciner les racines profondes de la Science en soi, de la Sapience originelle et éternelle…

Vous avez vu combien il est facile de vous «saper le moral» en vous donnant des tas de conseils pour vous exposer vos erreurs…  Là, évidemment, juste devant vous, des bâtisseurs de parking vous donnent une image de ce qui parvenait à votre entendement … Regardez les arbres déracinés… Morts pour toujours… Le ciment se prépare, avec le bruit adjacent…

Et ce n’étaient encore que des racines en palliatif, des racines de morale des religions… Les chênes de la Tradition muette des Celtes, des «Païens» aussi, comme les nommait le XIIéme siécle, n’intéressent que peu de monde, puisque invisibles…!  Moins tape à l’oeil! Heureusement, cette Sapience, cette Tradition éternelle originelle, primordiale, n’a pas besoin d’images autres que toutes les images-symboles sur tous les chemins! A chaque instant… A ne regarder et «traduire» que depuis l’Esprit, la Source… C’est-à-dire en laissant, en conscience rationnelle de vos interférences «personnelles», son origine se manifester à votre entendement. L’illumination née du contact entre la chose et son origine en votre point «créateur»…


Je vous vois rentrer au plus vite dans un sous-bois… Certes parce que c’est un lieu plus calme, mais surtout pour le calme, par mimétisme, de votre tête… Le calme naturel de votre mental qui n’a pas à faire de «méditation», pas de «mantra» à émettre (ou à «chanter» comme disent ceux qui n’ont pas compris de quoi il s’agissait!).  Pas d’ «approfondissement intérieur»; pas de recherche à travers rencontres, discussions et partages (vous avez lu tous ce termes sur un, deux, dix magazines! Vous veniez de me le dire ce matin… et nos peu d’échanges verbaux, sur ce chemin, en attestent la compréhension mutuelle).

Retour à sa Source éternelle parce que cessant de courir après elle, de s’en croire séparé… Là où l’on est toujours, mais que les obsédés de la fausse non-dualité vous répètent d’atteindre, de rechercher… Ici et maintenant, c’est toujours, toujours ici et maintenant! Pas plus tard, pas après ceci  ou cela...  La fameuse «source» puisqu’un nom est nécessaire, elle, elle est ici, toujours, silencieuse ou ne parlant qu’à bon escient (on appelle cela l’Inspiration, la vraie, exposant et traduisant les symboles jusqu’à leur origine dans les structures universelles des pulsions de votre manifestation; pas les relents de digestion des il faut et comme on dit,  etc.). Vous établissant dans la Source créatrice des Images de chaque instant!

Oui! Mais, visiblement, vous ne supportez plus ce silence quand la Source coule sans bruit… Je vous sens impatient de l’entendre dire quelque chose, vous propulser quelque part, n’importe où; pourvu que «ça bouge»! Vous «inspirer»! Ah! ce concept que tant manient ou s’attribuent suivant leurs phantasmes! Vous vous agitez; vous décidez de retourner chez vous… vers les ronrons et les traintrains; habitudes ré-confortantes: vous en conveniez plus tôt, lors de nos rares discussions du départ…

Peu importe… A chacun sa capacité d’entendement, ses choix d’existence et les responsabilités qui en dé-coulent (de Source toujours!).

Moi, je vais sans doute rester encore un peu plus longtemps au pied de cet arbre, sur une souche qui m’est offerte! Ici ou ailleurs? Pour le mieux… Tant que c’est «ça»! Calme et volupté de cette douce chaleur… Possible pendant un week-end, des vacances, ce «ici et maintenant» directement et facilement accepté… Mais dans le quotidien de la plupart des gens, sur toute la terre?

Calme… Repos… Instant de plénitude… Mais j’ai passé un bon moment en votre compagnie aussi, juste avant; à vous regarder et vous écouter soliloquer!

A moins que je n’aie, cheminant à côté de vous, fait que m’imaginer tout cela!

Peu importe! Ce fut une agréable et édifiante promenade méta-physique…

Emmanuel-Yves Monin

Article D`Emmanuel-Yves Monin
paru dans "Planète Gaia" N° 20, avril 2015.

 

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