Arts et techniques divinatoires...

CONNAÎTRE L’AVENIR:

C’est un désir très fréquent, que ce soit dans les cas graves pour garder espoir ou pour se préparer à faire face… ou pour ne pas perdre de temps dans des voies adjacentes et donc déviées par rapport à une voie directe; depuis le premier niveau de recherches d’objets jusqu’à celle de la «Voie», du «Chemin qui a du cœur» (Castaneda), de sa vocation, de son dharma…

Fort compréhensible! Ce avec l’aide du «voyant» qui pré-voit…

Du Voyant extérieur (prophète qui pré-dit ou praticien des arts divinatoires) ou du Voyant en soi-même... via des pressentiments, des prémonitions directes en état d'éveil, en rêve ou en songes) ou via des techniques fort diverses pour contacter, écouter et «entendre» ce Connaissant en soi... On le dit en général refoulé dans les profondeurs, dans «l'Inconscient» de l'être, lui que l'on nomme «petite voix intérieure», Maître intérieur, l'Ame, le Cœur, la Conscience; voire le bon sens; etc. Il est pourtant, justement, cet «Inconscient», le vrai «conscient» de l'être qui, lui, préfère souvent à l'écoute intérieure réelle, les agitations, cogitations, expériences de son mental...

Illustrons de nouveau, ici, ce flagrant mensonge des «psychologues», que j'ai déjà dénoncé: lisons la phrase en exergue de Jonathan Livingstone le Goéland (R. Bach) dans le texte original en anglais:
«To the real Jonathan Seagull, who lives within us all.»
La traduction française?
«À ce Jonathan le Goéland qui sommeille en chacun de nous.»
De «qui VIT» à «qui sommeille»!...
No comment!
Volonté délibérée de ne pas exposer l'existence du Divinateur en chaque être et la vérité sur la constitution humaine?... Ou «simple» lapsus d'un traducteur profondément endoctriné par la psychologie?
Toujours est-il que la Divination est tout entière exposée dans cet exemple.

EN AMONT:

Avant d'aborder cette réalité au niveau des Arts et Techniques divinatoires comme relais de ce Connaissant et d'observer plus attentivement ce dernier, notons que plusieurs mots permettent de découvrir les strates préalables à toute prévision de l'avenir; des mots commençant par pre (avant).
Citons quelques exemples:
Prédilection: des profondeurs réelles de soi-même, sans que le mental puisse vraiment en connaître les «raisons», l'être se sent attiré par... Couleurs, Pays, Rôles, Personnages, métiers, etc.
Prévoyance: tendance culturelle, certes, mais choisie «inconsciemment» (sic !) par l'Intelligence innée de l'être pour sa protection...
Les «prétextes» nous font pénétrer dans l'entre-deux de cette capacité à pré-dire et de la vérité véridique transmise: justifiables ou non, ne proviennent-ils pas de cette capacité de l'être à percevoir comment relier ses envies naturelles, ses pulsions «ontologiques» à des raisons inspirées par son mental; souvenirs et calculs?

D'où la difficulté présentée par certaines «techniques divinatoires» où la «juste» inspiration est colorée, déviée par les obsessions du mental du Transmetteur; que d'inter-prétations faussent la lecture du Yi King, la lecture des cartes; que d'évidentes projections sentimentales ou cultuelles dans les paroles dites «inspirées» du Channeling, des «prophètes» auto-proclamés ou des «diseuses de bonne aventure»!

DIVINATOIRE: SENS RÉEL DU MOT:

Pour qui connaît quelque peu la Langue des Oiseaux et la Hiéroglyphie française adjacente, le processus est lumineusement indiqué en quelques lettres ou quelques mots: depuis le «Un-sans-second» ( la Source, le Principe) symbolisé par la lettre I (Origine) se fait la Voyance, la prémonition directe (d'I-recte) du «divinateur...»
Mais peut se faire la d'Eviation: depuis le E de la manifestation humaine et donc de ses mentalisations et élucubrations «personnelles» encombrant le «medium» ( l'inter-médiaire).
Voir nos ouvrages sur le sujet!
Regardons plus attentivement ce phénomène naturel de «divination» et les techniques utilisées pour cela.

arts-divinatoires/boule-de-crystal

Un même verbe latin divinare a donné, en Français, deux groupes de termes: deviner et divination.
Une seule lettre fait toute la différence! Et quelle différence! Un indice extraordinaire...
Reprenons ce que nous avons juste effleuré précédemment.
Tout comme l'indiquent tant de mots exposant par le D que l'origine du terme va être donnée, nous avons, dans le cas qui nous intéresse ici, soit le I, soit le E comme source; ainsi: dé-cadence, dé-naturé, dévié, désunir, dé-connecter, etc. en face de d'I-rect, di-stinguer, di-versifier, di-gression; et surtout: d'I-vin et d'I-eu...
On le note aisément: les mots exposant leur origine depuis le I, l'axe, le principe («Ne pas oublier les points sur les i!») sont des émanations... directes de la Source créatrice: du Principe, de «Dieu» la nomment certains. ...Ainsi ceux qui ont compris notent que «c'est un don de Dieu que la divination» (Montaigne, Essai I 31), vérité que le terme originel latin maintenait par l'étymologie: «Celui qui a des clartés divines» donnant la capacité de «découvrir par vision supranaturelle». C'est la vue intérieure, dit l'anglais insight, du soothsayer, diseur de vérité, (traduction de divinateur.)

Ceux qui proviennent de E (la Source déployée dans la manifestation, les 4 états de la Matière, sont des émanations indirectes, nées de la Manifestation, cette secondarisation, cette d-I-fférentiation de la Source; donc: dé-viée suivant les strates de déploiement (entropie), de dérive, (dé-naturation), de détournement (psychologique), etc.
"Délire" des protagonistes qui l'incarnent naturellement et qui, n'en «faisant qu'à leur tête», détournent pour leur existence personnelle les pulsions vitales impersonnelles.

arts-divinatoires/jeu-de-cartes

Notons, pour éviter des discussions, que le terme devin a remplacé le mot divinateur (au XVe siècle), plus juste, ce dernier, de ce point de vue de «lettré»! Eut-on garder la juste racine, le mot divin eut été plus adéquat et correspondant à cet état méta-physique que notent toutes les traditions pour expliquer la relation de l'être «inspiré», prophète, capable de divination; mais «divin» était déjà utilisé de manière plus abstraite!
Les Anglais, par contre, ne sont pas tombés dans la «dissimilation» (?) du latin «populaire» du XIIIe siècle et ont conservé alors la «juste» (étymologiquement) lettre dans «a divine» (théologien) ou «to divine» (prédire); idem pour l'Espagnol «adivino».

PAR RAPPORT A «DEVINER» :

«Deviner» exprime, au contraire, le processus de passage d'une pensée en l'être depuis ses états d'êtres, ses mémoires personnelles, ses autres pensées. Les «devinettes» font appel à ce système mental: connaissances, déduction, lucidité, etc.
A l'opposé, dans l'état de «virginité» (dirait Maître Eckart), dans l'état de totale réceptivité (non de passivité, toujours en attente!), de vacuité (Bouddhisme), en cette «Nuit des Sens» (Saint Jean de la Croix) de l'«âme anéantie» (M. Porete); dans l'état hors états (le non-où du Soufisme, la «caste» hamsa de l'hindouisme, «le non-né, non-devenu», le Tao (qui «ne se peut définir»), le «Un-sans-second», le I, l'Axe... l'Origine diffuse directement à travers l'être ce qui est à manifester, en fonction de tous les paramètres extérieurs.

On comprend le concept platonicien des Idées (en opposition aux pensées, car en amont, avant la déviation personnalisée de celles-ci).

Nous voici au cœur du sens de la «divination».

En comprenant les termes «dieu» et «divin» hors de tout senti-mental-lisme cultuel ou culturel, on peut le traduire par: ce qui vient de la Source en sa premier relativisation (création): per-çu (su), entendu ou vu; on comprend pourquoi la Divination est dite d'origine «divine», née de l'écoute (inspiration) des Dieux...

L'Inspiration

L'Hindouisme, via S'Ankara, explique: «Ce qui est perçu en l'immédiateté de l'intuition et de la vision directe est brahman» (Com. Mand. Upsd. VII). D'où le caractère naturel de cet Art dans le Celtisme (s'il faut en croire Guyonvarc'h)... et les «techniques» semblables pour la «divinisation», chez les Maîtres du Christianisme (Eckhart, St Augustin, de Cuse)...

Par contre: lorsque la relativité interfère dans la tête du Récepteur pour traduire pour lui, par et pour ses souvenirs, ses mentalisations narcissiques ou compensatoires, on voit que s'élaborent des constats, grâce à son système d'intelligence (analyse, déduction, compréhension); il est dit alors capable de «deviner», dans le ton, les paroles, les tics, etc. de quelqu'un ou dans les situations précédentes, les paramètres généraux des événements ce qui pourrait advenir...

Chacun saura trouver dans les diverses traditions de ses prédilections les références à ce processus d'inspiration permettant la Divination... Nous avons déjà abondamment écrit à ce sujet dans un de nos ouvrages (L'Inspiration, Dervy Ed.).

LES TECHNIQUES:

Observons les diverses techniques divinatoires...
La Dodécalogie nous permet de voir instantanément la classification tripartite habituelle: Perception directe, perception directe assistée pour amplification, perception par décodage.

La perception directe:

Par intuition authentique («je sens que»), prémonition en état de veille ou en songes. Une faculté divinatoire naturelle chez les êtres «réceptifs», moins mentaux, ou capables de «zapper» facilement ! Ce serait, stricto sensu, le seul «Art» divinatoire; le «grand Art» (A.R.T. : arrêter, traduit et conseille la Langue des Oiseaux!). Hélas! Les interférences des pensées sont si fréquentes pour «inter-prèter» tout signe, toute parole, tout événement... pour son réconfort personnel plus que pour la découverte «d'autre chose»; et souvent anti-personnel!

Les autres formes sont ainsi des «techniques»:

Perception assistée par un pendule, une boule de cristal, etc. et, dans une certaine mesure, suivant les praticiens, les cartes ou le verre entouré d'un alphabet; aide également des incantations, d'une flamme de bougie, d'un miroir, de la méditation préalable...
Ces aides permettent l'auto-hypnose... la mise en arrêt du mental, non sollicité, donc un relatif refoulement des souvenirs, projections, intellectualisations diverses personnelles; peut alors s'ex-prime-r sans inter-férences, ce «Maître intérieur», la «voix secrète» (Hesse dans Siddharta), les conseils de Défunts, Totems, Anges protecteurs, un «dieu», ce Connaissant, ce Puer eternus, etc. (suivant les nomenclatures de chaque tradition).

Cicéron le résumait avec: «Les dieux (nous) communiquent l'avenir» (De div. I 38).

arts-divinatoires/jeu-de-Tarot

Un indice symptomatique édifiant: qui s'est déjà servi d'une baguette de sourcier pour découvrir une nappe d'eau a bien perçu que mieux vaut ne pas connaître la possibilité de la présence de celle-ci pour atteindre une meilleur «neutralité»  et donc efficacité!
Ne peut-on pas comprendre ce processus d'intériorisation réelle grâce au mot «vérité»? Ver-I-T : le retournement vers le I, la Source et la mise en ex-pression bien terrestre (T): le «dit»! ; messages, prédictions, révélations, prophécies... A partir de la D'I... vers IT (diversité.... des manifestations!); par d'I-cernement!...

La Perception divinatoire peut se faire par les différents codages de traditions ou pratiques «magiques»; tout comme la connaissance du sens et de l'influence des vents sur le temps est bien codifiée par le paysan «traditionnel», une série d'imageries a été mise en rapport avec des événements... et l'observation met l'événement, l'objet en rapport avec la «référence»; ainsi de la position des astres au moment la naissance, des tâches de café, des lignes de la main, des vols d'oiseaux, de la forme du crâne, des chiffres, les éternuements même [1], et de diverses super-stitions (que le «profane» vaniteux ne perçoit pas comme élévation au-dessus de ses  normes»!).
La divination par le Yi King ou autres ouvrages (bibliomancie), par les cartes des Anges, etc. peut propulser à une compréhension méta-physique du rapport entre ces codifications et l'être qui interroge lui-même; tout comme s'efface pour le Méditant réel ou pour l'utilisateur de drogues hallucinogènes (en activité profane ou « chamanique »), la distinction entre l'observateur et la chose observée, visualisée comme provenant d'une Source unique: le «soi»...
Que nous ayons affaire à un «égrégore» ou, plus véridiquement à la «simple» observation de ce que l'être perçoit dans sa propre manifestation-projection-sélection justifiée par l'intelligence originelle qui le conduit (le «haut intellect», son «dieu» créateur, sa «divinité protectrice», son «âme intermédiaire», etc.) ... qu'importe!
Un certain décodage du «chaos» (voir la théorie de l'Ordre du Chaos !) est concevable lorsque l'on parvient à «annihiler son existence humaine dans la théophanie des rayons qui viennent des attributs de l'unité divine» (lit-on dans le Misrad de Razi Daya (XIIIème siècle).
Nous l'avons exposé, cet «ordre» de «l'homme universel» des traditions, dans l'Univers en Code-barres, avec ses structures qui font s'écrier à l'être en véritable extase, dans le Psaume XXX 13: «Afin que mon âme Te chante et ne se taise pas»... !

UTILITÉ VÉRITABLE:

Un beau témoignage nous servira et de conclusion et de propulsif pour qui voudrait se pencher sur ce processus de divination et sur les techniques diverses de «voyance»: une personne qui avait longtemps pratiqué pour elle-même la divination par les Runes nous disait qu'elle avait petit à petit (pres)-senti celles qui allaient «sortir» et donc ressentir les «réponses» avant même de les interroger. Comme d'autres ont en eux la sensation d'un pendule qui leur permet de pre-voir ce qui doit leur arriver ou ce qu'ils doivent faire, hors raisonnement...
arts-divinatoires/runes
Le cercle est bouclé : la technique permettant le «faire comme si» (de certaines traditions... le «faire comme si...» l'on était directement «voyant») ré-établit dans l'audition de la Source qui «voit», qui sait: clairvoyance, claire-audience; c'est le «Connaissant» en chacun.
Retour, suivant son «état», son «étape», et par conséquent le degré de relativisation de ses «en-vies»... à la première relativité en lui de la Vie par son ex-I-stence.
C'est alors l'Intuition véridique, l'Inspiration, les prémonitions, ou, grâce à toutes techniques divinatoires, les découvertes de ce que l'on cherche matériellement ( objets, personnes), de que l'on cherche pour ses relations (liens avec pays ou personnes, noms à donner aux enfants, choix entre divers produits pour son mieux-être, etc.): pré-visions.

L'étape suprême (qui intéresse seule les Traditions) est la découverte, par ces techniques, de la Voie à suivre pour le Mieux-être véritable, le Salut ou la Libération (suivant la terminologie habituelle); pour le «paradis terrestre ou célestiel» (Dante)... Pour le retour à sa propre Source; comme la «sibylle», la «pythie» du passé qui distribuaient leurs oracles quand «saisies par l'esprit divin» (Diodore dixit), par le «dieu (qu') elles portaient au-dedans d'elles-mêmes» (Strabon); (ces deux auteurs vivaient au 1er siècle av. J.C.).

Mais, bien évidemment, que de parasitages du «bas mental», de «l'âme concupiscente», des obsessions et idiosyncrasies personnelles, viennent interférer à chaque «tentative» de telles techniques ou se glisser dans l'intuition directe!
Nous en avons abondamment parlé dans notre ouvrage sur le sujet. Ne suffit-il pas de lire des messages de channeling pour percevoir les «voiles», les «ennuagements», les obnubilations, les scories autour de la pépite d'or?

arts-divinatoires/verre

On comprend alors aisément les mises en garde d'un Dov Baer sur les soi-disant états d'extase (Lettre aux Hassidim, XVIIIe siècle)... et les interdits de la religion chrétienne sur les tentatives de connaissances para-normales.
Celui qui, comme pour le terme «inconscient» détourné de son sens véritable, saura concevoir le para-normal comme souvent plus juste et «naturel» que le prétendu «normal»... saura alors utiliser et ses «envies» de connaissance de son «futur» et les moyens divinatoires pour y accéder, comme une aide pour, déjà, la connaissance de son propre fonctionnement; pour la célèbre injonction «Connais-toi toi-même»...
Car «l'homme qui s'ignore lui-même ne saurait rendre au Dieu des hommages convenables ni en obtenir ce qu'il implore.» (Porphyre, Traité sur le précepte).

Mais à condition de s'être déjà dégagé de l'endoctrinement «religieux» à la notion de «dieu» et d'avoir compris alors la signification, dans la Génèse, du pluriel Elohim (singulier: Eloah) et du verbe au singulier (bara: créa) qui s'ensuit!

Devons-nous vraiment ajouter que maintes Voyances faites par Internet n'ont rien à voir avec ces processus; il suffit, pour s'en assurer, d'envoyer à un même Voyant, depuis des adresses différentes, des «problèmes» différents à étudier et de constater que les réponses sont semblables! Mais combien utiles pour que le client en vienne à s'interroger un jour ou l'autre sur les manipulations qu'il a subi dans son éducation!
Sa crédulité ne provient-elle pas du système dictatorial de ce dernier, et non du développement de l'intelligence par la mise à jour du système véritable de son fonctionnement humain? Et de sa paresse mentale à accorder foi à la «pensée commune» officielle, entropique et assoupissante?

Emmanuel-Yves MONIN

[1]: Les anglo-saxons l'utilisent souvent: «One is a wish, two is a kiss, three  you've got a letter; four  something better; five: someone is thinking of you... Seven: you've got a cold!!». Souhait, résultat positif, message, etc.

arts-divinatoires/Tarot

 

 

 

Article d`Emmanuel-Yves Monin
paru dans "Planète Gaia" N° 12, Décembre 2012.

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